L’acronyme DINKs (Double Income, No Kids) a vu le jour dans les années 1980 dans le monde anglo-saxon, à une époque marquée par l’essor des carrières féminines et la montée de nouvelles aspirations individuelles. Ce terme désigne un phénomène socio-économique qui bouleverse les modèles familiaux traditionnels.En France, la proportion de couples sans enfants par choix progresse lentement mais sûrement, portée par des facteurs économiques, culturels et personnels. Les conséquences de ce mode de vie concernent aussi bien la démographie que les représentations collectives de la famille contemporaine.
Le phénomène DINKs : origine et signification d’un terme en plein essor
Le mot DINKs, formé à partir de l’expression Double Income No Kids, a rapidement pris racine dans la conversation publique. D’origine anglo-saxonne, il nomme ces couples sans enfants, dotés de deux salaires, qui assument une nouvelle forme de famille distincte des chemins balisés. Popularisé d’abord dans les médias puis sur les réseaux sociaux, le terme nourrit débats, critiques et imaginaires sur la vie de couple sans progéniture.
On n’est plus dans la marginalité : adopter la vie DINKs, c’est trancher avec les anciens modèles. Les couples sans enfants font leurs choix, redéfinissent leur quotidien et s’affranchissent du stéréotype de l’absence ou du manque. Sur Instagram ou TikTok, témoignages et conseils affluent, portés à la fois par femmes et hommes qui revendiquent un couple sans enfants sans regrets, loin de l’idée reçue que seuls les parents atteignent l’épanouissement.
Cette émergence pousse la société à revoir sa propre définition de la famille. Que révèle la visibilité des couples sans enfants aujourd’hui, alors que la pression à la parentalité demeure persistante ? Les nouveaux modes de vie se confrontent aux normes, questionnent les attentes et imposent la famille sans enfants comme une option sérieuse au sein des évolutions du paysage familial.
Pourquoi certains couples choisissent-ils de ne pas avoir d’enfants ?
Faire le choix d’un couple sans enfants résulte rarement d’un éclair soudain. Pour beaucoup, ce chemin se dessine étape par étape, avec des raisons qui varient et parfois se mêlent. Longtemps cantonné à la sphère privée, cet engagement s’assume désormais au grand jour. Recherche d’épanouissement personnel, soif d’autonomie, désir de nourrir le couple ou de concrétiser d’autres projets : ces motivations ne s’embarrassent plus de justification.
L’aspect financier pèse également. Bénéficier d’un revenu sans enfant, c’est saisir une liberté économique : voyager davantage, investir, explorer de nouvelles passions, allouer son temps et son argent comme on l’entend, le tout sans la charge que représente l’éducation d’un enfant. S’ajoute aujourd’hui une conscience aiguë des enjeux écologiques.
Face à la crise environnementale, certains couples s’interrogent : faut-il vraiment agrandir l’espèce humaine lorsque la planète vacille ?
Pour éclairer la diversité des motifs mis en avant par les DINKs, on peut dresser une liste concrète :
- S’accorder du temps et préserver l’équilibre personnel
- Donner la priorité à la vie professionnelle
- Réagir à l’urgence environnementale et à la fragilité des ressources
- Bénéficier d’une pression sociale moins pesante et choisir librement sa voie
La famille traditionnelle n’est pas effacée mais remise en question par cette pluralité d’envies. Pour de nombreux couples en France qui font ce choix, le non-parentalisme s’assume, il devient un droit à créer d’autres formes de lien et de partage, sans avoir à s’inscrire dans un schéma imposé.
Chiffres clés : quelle place pour les DINKs en France et dans le monde ?
L’évolution du nombre de DINKs apparaît sans ambiguïté dans les chiffres actuels. En France, la population des couples sans enfants poursuit sa montée. Près d’un couple sur cinq entre 30 et 49 ans ne compte aucun enfant vivant sous le même toit, selon les dernières données disponibles. Cette réalité signale une mutation profonde de notre conception de la famille.
Le constat se retrouve de l’autre côté des frontières. L’Allemagne, la Suisse, mais aussi l’Espagne ou l’Italie voient grossir la proportion de ces couples sur fond de natalité en baisse et de nouvelles ambitions personnelles. Le taux de fécondité, souvent inférieur à 1,6 enfant par femme dans ces régions, révèle une transformation majeure des trajectoires familiales.
Quelques éléments retiennent l’attention et dessinent la place actuelle de ce phénomène :
- En France, environ 18 % des foyers de personnes en âge d’être parents n’ont pas d’enfant au domicile.
- Dans l’Europe de l’Ouest, 20 % des trentenaires et quadragénaires vivent en famille sans enfants.
L’essor des DINKs se confirme aussi sur d’autres continents. Aux États-Unis, près de 30 % des couples de moins de 45 ans vivent sans enfants, et cette tendance s’observe également au Japon, en Corée du Sud ou au Canada. L’autonomie, la recherche de sens et le désir d’indépendance financière traversent les cultures et accompagnent la montée du revenu sans enfant. D’un pays à l’autre, la géographie des DINKs épouse les contours d’un monde en mutation, où liberté et choix individuel prennent le pas sur la conformité.
Quand les DINKs redéfinissent les modèles familiaux et la société
La progression des couples sans enfants ne vient pas simplement ébranler le modèle familial traditionnel : elle remet en question la société dans ses fondations. Par leur présence et leur parole, les DINKs forcent le regard collectif à s’élargir. Ce sujet n’est plus circonscrit à la sphère privée ou à la table de famille : il envahit le débat public, nourrit la réflexion et modifie le regard sur ce qu’est une famille sans enfants aujourd’hui.
Certaines voix y voient l’affirmation d’une nouvelle forme de famille. D’autres, plus conservatrices, dénoncent un bouleversement des repères et pointent des risques pour les liens sociaux. Face à cette diversité d’attentes et de parcours, les politiques publiques s’adaptent progressivement : fiscalité, logement, accès à différents droits… Les formes familiales évoluent, souvent plus rapidement que les textes officiels n’en prennent la mesure.
Les couples mariés sans enfants, longtemps invisibles, prennent aujourd’hui la parole dans l’espace public. Leur mode de vie suscite autant l’intérêt que la discussion, questionne la place de chacun dans la société et élargit la réflexion sur les chemins du bonheur. Petit à petit, la famille ne se résume plus à un modèle unique ; chacun peut envisager sa propre voie, entre fidélité aux traditions ou invention de nouvelles manières de vivre le lien.
Si demain, vivre en couple sans enfants glisse du statut d’exception à celui de possibilité ordinaire, le récit de la famille ne s’en trouvera que plus riche et vivant. L’aventure DINKs s’invite dans le grand album des choix, prête à écrire ses prochaines pages là où l’imprévu demeure possible.

