Ce que la réglementation impose pour le contrôle de température en entreprise

La disparition totale du Covid-19 n’est qu’une illusion statistique. Malgré la fin de la majorité des contraintes, la vigilance reste de mise. Voilà pourquoi, dans de nombreuses entreprises, le contrôle de température à l’entrée persiste, sorte de dernier rempart dans un quotidien qui oscille entre retour à la normale et prudence. Si vous organisez le retour progressif de vos équipes au bureau, il devient indispensable de maîtriser la réglementation encadrant la prise de température au travail.

Prise de température pour dépister les porteurs du virus

Le protocole sanitaire en entreprise a cédé la place à un guide dédié à la prévention du risque de contamination au Covid-19, accompagné du protocole de déconfinement. Dans ces nouvelles recommandations, la prise de température à l’entrée n’est plus suggérée par les autorités. Le ministère du Travail l’explique simplement : le virus circule aussi chez des personnes asymptomatiques. Autrement dit, pas de fièvre, pas de signes visibles, mais une contagiosité intacte. Résultat : filtrer à l’aide d’un thermomètre à l’entrée ne garantit rien.

Cependant, rien n’interdit à une entreprise de maintenir ou mettre en place un contrôle de température à ses portes. Chaque structure conserve la liberté d’organiser des vérifications à l’arrivée, qu’il s’agisse de salariés ou de visiteurs. La possibilité demeure donc, mais elle ne s’impose plus comme une routine généralisée.

Une décision validée par les collaborateurs

Imposer un contrôle de température n’est pas un acte unilatéral du dirigeant. La mise en place de ce dispositif ne se décide pas seul dans un bureau d’angle. L’accord des équipes s’avère impératif pour aller plus loin dans la prévention. Pour les grandes structures, la consultation s’étend même aux sous-traitants et partenaires réguliers. Certains employeurs choisissent d’associer leurs collaborateurs à l’élaboration du protocole, histoire de bâtir un système qui concilie santé et climat de confiance au travail.

Une fois l’initiative acceptée, elle doit faire l’objet d’une note de service claire et accessible. Pas de place pour l’ambiguïté : chacun doit comprendre comment et pourquoi ce contrôle s’effectue.

Quelques obligations à respecter

Mettre en place un contrôle de température, c’est s’engager à respecter des règles précises. Il ne s’agit pas simplement de scanner les fronts à la chaîne. Le dispositif retenu doit se conformer au Code du travail et rester dans le cadre strict d’une mesure sanitaire proportionnée. Dès le départ, tout doit être transparent pour les salariés.

Voici les points à clarifier et à mettre en œuvre pour éviter tout dérapage :

  • Définir précisément la procédure : où, quand et comment la température est-elle mesurée ?
  • Préciser les suites à donner selon le résultat : que faire en cas de température élevée ?
  • Informer chaque personne concernée des modalités et de ses droits. Si la note d’information reste floue, un salarié peut tout à fait refuser le contrôle.

Le lieu du contrôle, lui aussi, ne s’improvise pas. La prise de température ne doit pas se dérouler en plein soleil ou sous une rafale de vent. Prévoyez un espace abrité, à l’écart des regards, qui garantit le respect de la dignité de chacun.

Impossible également d’utiliser n’importe quel appareil. Seuls les thermomètres sans contact, notamment ceux à infrarouge, sont autorisés. Pour s’équiper, il est possible de consulter Securimed qui propose différents modèles adaptés à ces usages.

La personne chargée de mesurer la température doit avoir reçu une formation, même si le matériel semble d’une simplicité enfantine. Par ailleurs, aucune donnée ne doit être enregistrée, sauf si l’opération est réalisée par un professionnel de santé (médecin, infirmier ou personnel médical).

Fièvre et Covid-19

La fièvre reste l’un des signes d’alerte du coronavirus, mais ce symptôme n’a rien d’exclusif. Un grand nombre d’infections, qu’elles soient saisonnières ou non, peuvent provoquer une élévation de la température corporelle. Il arrive d’ailleurs que certaines personnes atteintes du Covid ne présentent aucune fièvre.

Autrement dit, la prise de température ne saurait suffire à elle seule pour détecter le Covid-19. Il faut savoir que le seuil de 38°C le matin ou 38,3°C le soir définit la fièvre, mais cela ne désigne pas systématiquement une contamination au coronavirus. Face à ce constat, rien ne vous oblige à renvoyer la personne chez elle à la première alerte. Vous pouvez adopter une approche nuancée : surveiller les éventuels autres signes comme la fatigue, des maux de gorge ou une toux persistante, ou encore dialoguer avec l’intéressé pour affiner la décision.

Le contrôle de température en entreprise n’est plus une obligation universelle, mais plutôt une boussole pour naviguer entre précaution et liberté retrouvée. À chaque employeur de trouver le point d’équilibre, sans jamais perdre de vue que la confiance et la clarté restent les meilleurs remparts contre l’incertitude.